manger cacher

Le vocabulaire du cacher

- Cacher vient de l'hébreu, que l'on peut donc transcrire de multiples façons suivant les langues et les règles (cacher, cacher, casher, kasher, kocher, etc).
Le premier passage est dans le Livre d'Esther 8,5 où il est dit :
"vé kachér haddavar lifné hammélékh", ("si la chose est convenable, convient, est pertinente, devant le Roi").
Ainsi, en hébreu moderne, on parlera de "c'est cacher" pour tout ce qui est correct, fiable, bien au point, droit dans des affaires, contrats, propositions, témoignages. Dire de quelqu'un qu'il est "cacher", c'est le meilleur compliment qu'on puisse adresser.
Cela est venu dans la Torah de la mitsva alimentaire de ne pas manger du nerf sciatique mais, par extension cela s'est étendu à tout ce qui est selon le meilleur ordre des choses.

- Absorber, il s'agit de la notion par laquelle des ustensiles hormis le verre et ce qui lui est assimilé, absorbent les caractéristiques de la viande ou du lait qui y ont cuits ou y ont séjourné. Il faut donc séparer les vaisselles. Comme cette absorption concerne le taâm, le goût, et non pas seulement la matière, selon les Sépharades (Rav Ôvadia Yossef), on peut cependant laver ensemble dans la machine à vaisselle électrique les deux vaisselles, nettoyées en partie auparavant, dans la mesure où les produits nettoyants annulent le goût des aliments préalables. Donc, il faut échanger avec un rabbin compétent sur ces questions pratiques, mais selon votre communauté.

- Achga'ha, surveillance. C'est tout ce qui assure le contrôle de la qualité cachère des aliments par des rabbins ou organismes rabbiniques compétents et reconnus par leurs pairs. Chaque achga'ha inscrit son tampon, son sigle est sa mention sur les paquets : "sous la achga'ha ou surveillance du Rav Untel de telle ville". Ces surveillants sont très nombreux et essayant par la publicité et les démarches commerciales de rendre leur tampon le plus connu.

- Ba'halév imo (Chémote 23, 19 et 34, 26 et Dévarim 14, 21) "tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère "ba'halév imo". Ces deux termes "lait" et "chair de la mère" sont l'origine de multiples études d'où on déduit qu'il est interdit de mélanger les aliments de lait et de viande. Le temps de séparation entre ces deux aliments est variable (de 1 à 6 heures) selon les communautés (askénazes, sépharades, hollandaises, tunisiennes, marocaines, etc.) ; il y a une logique interne à ces différences à partir du mode de raisonnement et de tradition spécifique, et on n'a pas le droit de jouer avec ces points et il faut respecter la tradition de son groupe natal auquel on est réuni par le père. C'est une erreur et une supercherie de dire que telle ou telle spiritualité nouvelle ou le progès supprimeraient ces traditions ; cela ne trompe que les ignorants. Ainsi le mouvement réformiste au 19e siècle a tenté de faire annuler ces règles primitives à ses yeux, et aujourd'hui ils s'entichent des nouvelles règles alimentaires modernes !
Pour respecter ces règles de la cacheroute, on est conduit à organiser la cuisine d'une manière particulière (séparer les couverts, les vaisselles viande et lait, et cela selon la composition des matériaux) ; cela est très simple mais il faut le voir pratiquer avec simplicité et esthétisme et automatisme avant de parvenir à l'adopter; pour cela, se faire initier par des pratiquants qui se feront un bonheur d'aider.

- Bén yomo. Un ustensile bén yomo est celui qui a été utilisé dans sa catégorie (lait ou viande) dans les 24 heures précédentes. Au contraire, on dira qu'il n'est pas bén yomo s'il n'a pas été utilisé dans les 24 heures précédentes.

- Bitoul bé chichim. Un aliment n'est pas considéré comme modifiant l'autre (n'étant pas de sa catégorie) quand il ne dépasse pas le 60e du volume de l'autre.

- Cacherisation, ce terme est utilisé généralement pour rendre conforme aux règles de cacheroute, des ustensiles ou la salle où on cuisine.

- Cacherisé. Une viande cacherisée (bassar moukhchar) est celle dont on a retiré le sang de l'animal, selon la prescription de Vayiqra 7, 26-27. La technique qui le réalise est la cacherisation. Elle comprend les étapes suivantes : la réaliser avant le troisième jour suivant la fin de la vie de la bête afin que le sang ne soit pas durci, faire tremper la viande dans de l'eau salée qui la recouvre entièrement (durée variable suivant les communautés), ensuite elle est placée salée sur une planche inclinée pendant une heure, puis rincée plusieurs fois. Le sel est nommé méla'h, et la salaison méli'ha. Le motif est que le sang est le composant qui représente le plus la vie propre de l'animal. On ne cacherise pas les poissons car ils ne sont pas présents dans la liste des animaux lorsqu'on en parle (Vayiqra 7, 26). On cacherise chez soi, ou on achète la viande déjà cacherisée. Demander au rabbin ou à des femmes pratiquantes pour apprendre. Le foie ne peut pas être cacherisé selon cette méthode et il doit être grillé. Toute viande non cacherisée est téréfa, interdite.

- Cacheroute ou cashroute ou kashroute, est le mot abstrait qui désigne tout l'ensemble des règles, pratiques et contrôles de ce mode alimentaire.

- Chékhita, est l'acte de tuer la bête rituellement en laissant échapper son sang après avoir incisé délicatement une artère. 'Haléf est le nom de son couteau qui doit être parfait. Auparavant et ensuite, il faudra faire un examen très précis (bédika) de la qualité des organes et l'éliminer s'il est non sain (taréf).

- Chiour réti'ha, est le délai qu'il faut pour qu'un aliment soit considéré comme bouillant et, donc, a fortiori, transmettant encore plus ses propriétés. A forte flamme, on considère généralement que cela est atteint en 6 minutes.

- Fléichig est le nom des produits de viande, en yiddiche (ou yiddish). Milchig est le nom des produits laitiers, en yiddiche (ou yiddish). Parvé est le nom des produits ni laitiers, ni viande, en yiddiche (ou yiddish), comme les légumes et fruits ; il est clair que ces produits n'ont pas besoin de contrôle de leur caractère "parvé", ayons du bon sens. On appelle 'halav yisrael un lait qui est resté "lait normal" venant d'une bête saine, cachère, et dont le dit lait n'a reçu aucune adjonction non cachère, de même pour les fromages, ou pour le pain, et pour de nombreux produits alimentaires, le tout réalisé en présence d'un Juif (Yisrael) cacher depuis la traite jusqu'à l'empaquetage ; voilà pourquoi il faut des contrôles réalisés par des personnes très compétentes en halakha mais aussi en techniques de laboratoire et de science. La séparation des couverts de lait et viande lors du lavage en machine, pose des problèmes qui sont résolus différemment chez les Askénazes et chez les Sépharades. De même que la question des services en verre. Les Sépharades utilisent ces ustensiles pour le lait et la viande, mais évidemment après avoir bien lavé et bien essuyé.

- Glatt cacher, super et strictement cacher, dans le langage courant. Ce terme glate veut dire "poumon" en yiddiche. En effet, le poumon doit être examiné après l'abattage de la bête car cette partie est la plus sensible aux maladies et la moindre atteinte fait éliminer cet animal de la qualité de cacher. Lorsqu'il y a ce type d'examen, on parle de viande glatt cachère ou de restaurant glatt cacher. Mais c'est un non-sens d'employer cette expression pour ce qui n'est pas la viande. Même si la viande est glatt cachère, un restaurant ne peut pas l'être si le réalisateur de la cuisine n'est pas un homme cacher qui connaît les règles de la cacheroute et qui est cacher en sa droiture ; beaucoup de restaurants contournent à juste titre la difficulté en louant les services d'un inspecteur permanent de la cacheroute du restaurant et de la cuisine. Cela est prouvé uniquement par un panneau confirmant cela par des rabbins compétents. C'est une téhouda de cacheroute, un certificat de cacheroute.

- Ién néssékh, c'est un vin qui ne peut pas être consommé par les Juifs car il n'a pas été réalisé en tous les stades de sa fabrication et de sa vente pour l'usage saint des bénédictions. A fortiori, ce sont les vins qui sont aussi utilisés dans les cultes idolâtres. On y a joint les vins dont les Romains se servaient dans leurs bombances et, depuis, il est interdit de boire un vin qui a été touché par des non-Juifs. Un vin est cacher quand il a eu un contrôle en tous ces stades. Il porte sur l'étiquette un sigle qui le prouve (U, K, etc).

- Kévissa, comme le mélange des aliments est plus important s'il y a cuisson (kévissa), par émission et réception des particules, que si les aliments sont froids, on parle de cuisson, généralement, à partir de 45 degrés.

- Lait en premier. Quand on a mangé un aliment au lait, on n'a pas besoin d'attendre avant de passer à la viande si on se rince la bouche, fait la bénédiction appropriée et se lave les mains. Car le taâm, le goût, du lait part rapidement. Certains attendent 15 minutes.

- Likh tékhila, signifie généralement qu'une action est interdite dès le départ. Mais, parfois, si elle a été quand même faite par 'ignorance ou par inattention, elle reste valable après coup (bédiâvad).

- Orla, c'est l'état "incirconcis" d'un arbre pendant ses 3 premières années, où il est interdit de jouir de ses fruits ; la 4e année, ils sont réservés et consacrés à D.ieu et on peut les consommer seulement à partir de la 5e année (voyez Vayiqra 19, 23).

- Parvé, ce qui n'est ni lait ni viande, par exemple les fruits et légumes, ou une vaisselle qui leur est consacrée. On peut aller de cela vers lait ou viande mais pas l'inverse.

- Salades. Les salades contenant souvent des bestioles demandent un soin particulier pour le nettoyage. Demander le "coup de main" à ceux qui ont l'expérience.

- Séparation. Etant données les règles de cacheroute, on séparera les aliments avant cuisson, mais aussi les ustensiles et aussi les zones où on les placera pendant la préparation. Quand on a la place, on facilite les choses en ayant deux éviers, ou on place une plaque mobile de protection au fond de l'évier quand on en a un uniquement.

- Séparation des personnes. Cela concerne des personnes mangeant à une même table et cosommant des aliments incompatibles (lait ou viande). On ne place pas ces aliments différents sur une même surface donc on peut placer des petites nappes différentes, ou mettre une séparation réelle ou symbolique (bouquet, ou objet) ou être à distance plus longue que le bras. En tous cas, on veille à ne pas mélanger des restes ou miettes.

- Taâm richone, ou "premier goût", réfère au goût transmis par un aliment à l'ustensile qui le contient. Ensuite, on dira que l'ustensile émet à son tour le goût (noten taâm). Donc, on doit en tenir compte pour ne pas transporter des légumes, par exemple, cuits dans un ustensile lait vers un ustensile viande.

- Taref, réfère aux animaux interdits et réfère en principe aux charognes (névéla), bêtes mortes de façon naturelle ou par blessure, malades et non selon le rite précis de la mise à mort qui leur évite la douleur, et qui en fait un objet alimentaire de qualité dans le cycle de la qédoucha. Le terme hébraïque exact est téréfa pour désigner cette bête (Chémote 22, 30) : "vous ne mangerez pas la chair déchirée dans le champ, ouvassar bassadé téréfa lo tokhélou". Ce qui est téréfa ne peut jamais devenir cacher ni être cacherisé.
L'examen se fait sur 8 points: s'il y a brisure (chévira), perforation (néqouva), manque (nétoula, 'hasséra), adjonctions ou deformations (kéroua'h), etc. L'animal cacher est celui qui a réussi cet examen à l'intérieur d'un espèce cacher.
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